Dans la voiture, dans la poche, dans le garage ; plomb ou lithium, les batteries sont partout dans notre quotidien. Utilisées avec soin, elles sont fiables, mais mal utilisées ou mal jetées, elles peuvent brûler, exploser ou polluer. En France, un foyer possède en moyenne 15,7 objets équipés de batteries au lithium, selon la Fondation MAIF : téléphones, ordinateurs, cigarettes électroniques, trottinettes, vélos électriques, outils, jouets, etc.
À ces batteries s’ajoutent celles au plomb, que l’on trouve dans les véhicules motorisés et les onduleurs. En 2025, Trecodec a traité 1 347 tonnes de batteries au plomb. Mais alors quels sont les risques et les bons gestes du quotidien et que faut-il faire des batteries usagées en Nouvelle-Calédonie ?

Les batteries, quels risques ?
Une batterie au plomb, c’est un empilement de plaques de plomb plongées dans de l’acide sulfurique. Cet acide peut provoquer des brûlures aux yeux et à la peau. Pendant la charge, la batterie peut aussi dégager des gaz explosifs. Et une flamme ou une étincelle à proximité, vous l’imaginez bien, peut vite poser problème… Le plomb lui-même est un métal toxique. L’Organisation mondiale de la santé indique qu’il n’existe aucune concentration de plomb dans le sang qui soit sans danger, les jeunes enfants étant les plus vulnérables. Voilà pourquoi une batterie abandonnée n’est jamais anodine et Trecodec rappelle que les batteries mal gérées en fin de vie peuvent libérer des substances nocives dans les sols et dans l’eau. Une batterie au lithium contient elle un liquide très inflammable, l’électrolyte. En cas de surchauffe, de choc ou de défaut, elle peut subir un emballement thermique, c’est-à-dire une réaction en chaîne incontrôlée, avec une fumée dense, des projections, des flammes, voire une explosion. Les fumées sont très toxiques et plus la batterie est chargée, plus l’incendie est violent.

En France, le nombre d’incendies liés aux batteries au lithium a été multiplié par six entre 2017 et 2024, selon la Fondation MAIF. Plus de la moitié des accidents (53%) impliquent un téléphone portable et 14% un ordinateur portable. Selon un baromètre OpinionWay réalisé pour Assurance Prévention, 91% des Français adoptent régulièrement au moins un comportement à risque et 12% ont déjà vécu un incident, entre brûlure, départ de feu ou même explosion. La Sécurité civile de la Nouvelle-Calédonie rappelle d’ailleurs que l’augmentation du nombre d’engins électriques sur le territoire fait apparaître de nouveaux dangers. Le risque est rare, mais existe bel et bien, surtout pendant la recharge et les dégâts sont plus importants quand l’engin est garé dans un lieu fermé, comme le domicile ou le garage. Le 26 juillet 2021, un emballement thermique a détruit deux containers de batteries lithium-ion de la centrale solaire d’Hélio Boulouparis 2, sans faire de blessé. Enfin, le danger ne concerne pas uniquement l’usage. Jetée à la poubelle, une batterie usagée peut s’enflammer au contact du carton ou du papier, chez soi comme dans les centres de tri. D’après la Fédération professionnelle des entreprises du recyclage (Federec), 60% des incendies liés au lithium surviennent dans les centres de tri.
Comment bien utiliser ses batteries ?
La plupart des accidents sont évitables ! Selon la MAIF, les incidents restent rares lorsque les batteries sont utilisées conformément aux recommandations du fabricant. Pour les batteries au lithium, tout commence à l’achat. Choisissez une marque connue, avec un certificat de conformité européenne et utilisez toujours le chargeur et le câble d’origine. Pour recharger un vélo ou une trottinette, évitez le port USB d’un ordinateur. Pendant la charge, restez à proximité et posez la batterie sur une surface non inflammable. Évitez de charger la nuit ou sans surveillance, sous l’oreiller, sur un lit ou un canapé, avec une multiprise. Une fois la charge terminée, débranchez. Au quotidien, protégez la batterie de la chaleur, du soleil et de l’humidité et évitez de la laisser se décharger complètement. Surveillez aussi les signes d’usure, entre l’autonomie qui chute, une chaleur anormale ou des problèmes de charge par exemple.
Côté batteries au plomb, chargez dans un endroit ventilé, loin de toute flamme, cigarette ou étincelle ; ne rechargez pas une batterie endommagée et manipulez-la avec soins, le boîtier pouvant être fragile et l’acide corrosif. Portez alors des lunettes de protection et tenez la batterie hors de portée des enfants. En cas de contact avec l’acide, rincez abondamment à l’eau et consultez un médecin si les yeux sont touchés.
Même avec toutes ces précautions, le risque zéro n’existe pas !
Et comment les recycler en Nouvelle-Calédonie
La règle d’or : une batterie ne va jamais à la poubelle ! La première question à se poser est « de quelle batterie s’agit-il ? ». Les batteries au plomb sont celles des véhicules motorisés et des onduleurs. Elles se déposent dans les points d’apport volontaire de la filière batteries au plomb. Il y a une centaine de points répartis dans les trois provinces, de Belep à l’île des Pins, en passant par Lifou, Maré et Ouvéa. On y trouve des déchèteries, des stations-service, des garages et des mairies. Les batteries de matériel électroportatif, les batteries au lithium, celles des panneaux solaires et les batteries souillées n’y sont pas acceptées.
Les piles et les batteries au lithium relèvent de la filière pile et accumulateurs, qui accepte tout type de batteries sauf le plomb, entre batteries de téléphones, d’appareils photo, d’ordinateurs et de matériel électroportatif, mais aussi piles rechargeables, bâtons, boutons, alcalines et salines. Trecodec compte 247 points de collecte. En revanche, les batteries au plomb, les équipements électriques ou électroniques et les piles et accumulateurs souillés n’y sont pas acceptés. Les équipements électriques et électroniques pourront quant à eux être déposés dans les déchetteries dans la filière des Déchets d’Equipement Electriques et Electroniques (DEEE) catégorie Petit Equipement.
Avant de déposer une batterie au lithium, l’éco-organisme Batribox, partenaire de Trecodec, conseille de scotcher les pôles et d’emballer dans un sachet plastique une batterie qui fuit ou qui gonfle. Et pour une grosse batterie, de type vélo, trottinette électrique ou panneau solaire, le plus sûr est d’appeler directement Trecodec avant de vous déplacer, via le numéro vert 05 28 28. Dans les deux filières, le traitement se fait à l’export. Les batteries au plomb sont démantelées pour séparer le plomb, le plastique et les acides, qui sont ensuite recyclés. Les batteries au lithium sont triées par catégorie chimique, puis traitées pour récupérer des métaux comme le zinc, le cobalt ou le nickel. Pour Batribox, le principal défi en Nouvelle-Calédonie est la sécurité et le transport un vrai verrou, ces batteries étant des déchets dangereux. Son conseil est donc de développer la seconde vie, le réemploi et la réparation et éviter les produits « low cost » à courte durée de vie.

Le bon geste
Plomb ou lithium, le principe reste le même, celui de bien choisir, bien charger, bien surveiller, puis déposer la batterie au bon endroit une fois usagée. Les risques, il y en a, mais ils se maîtrisent avec quelques réflexes ! En Nouvelle-Calédonie, Trecodec a bâti deux filières, une pour les batteries au plomb et une pour les piles et accumulateurs, comprenant les batteries au lithium. Il ne vous reste plus qu’à faire le bon geste. Et en cas de doute sur une batterie, un appel au 05 28 28 vous évitera bien des erreurs !