Jeudi 27 août, une classe de 6ème du collège François Ollivaud des Portes de Fer débarquait à l’enrochement de Nouville avec leurs deux professeurs. À vue d’œil, l’endroit semblait propre. Ce que les élèves allaient découvrir en deux heures allait changer leur regard sur ce qu’ils laissent derrière eux. 

8h30 – Le briefing de Thibaut, avant de mettre les mains dans les rochers 

Thibaut Bizien, chargé de mission de Caledoclean, accueille la classe sur l’enrochement. Avant de distribuer les sacs et les gants, il prend le temps d’expliquer les consignes de la matinée : la sécurité d’abord, les règles de ramassage ensuite et le tri. Parce que cette matinée, ce n’est pas seulement un ramassage : c’est aussi une leçon sur ce que deviennent les déchets.  

Ramassage
Thibaut Bizien, un model pour la jeunesse calédonienne © Trecodec

Deux sacs par équipe. Un sac pour les emballages plastiques qui rejoindront la filière emballages. Un autre pour le reste : les canettes, le métal. Thibaut explique le devenir de chaque matériau : le verre broyé pour le BTP, les canettes fondues en lingots d’aluminium, les autres déchets orientés vers l’enfouissement à Gadji. Les élèves écoutent, les gants aux mains, prêts à y aller ! 

9h00 – Ce que l’œil ne voit pas  

Le ramassage démarre. Les élèves s’avancent sur les rochers et commencent à fouiller. Ce qui paraissait propre de loin ne l’est plus quand on glisse les doigts entre les blocs. Des bouteilles plastiques, des paquets de biscuits, des canettes, des barquettes, des bâtons de sucette, des briquets : coincés, encastrés, parfois tellement dégradés qu’il faut les tirer fort pour ne pas les voir partir en poussière et polluer encore davantage.  

« Quand on arrive sur le bord de route, on se dit ça va, c’est propre. Et quand on commence à mettre la main entre les rochers, c’est là qu’on voit qu’il y a des grosses quantités de déchets. » – Thibaut Bizien, Caledoclean 

Ramassage
Que de déchets cachés … © Trecodec

En plus de deux heures, les sacs se remplissent sans qu’on y prête vraiment attention. C’est au retour au camion de Caledoclean que le résultat devient visible d’un coup : plus de trente sacs de 70 litres alignés. Plus de 100 kilos de déchets ramassés sur deux cents mètres de littoral.  

10h30 – Ce que les élèves emportent avec eux  

La grande surprise n’était pas dans les rochers. Elle était sur le visage des élèves au moment du décompte des sacs. Laura, élève de 6ème, résume bien ce que beaucoup ont ressenti :  

« Je me sens un peu mal pour les animaux et l’environnement. Je ne comprends pas pourquoi les gens jettent les déchets dans la nature. Il y a des poubelles, on peut mettre nos déchets dedans c’est facile. » – Laura, élève de 6ème

Son professeur de SVT présent pour l’occasion attendait justement cette prise de conscience : que les élèves voient, touchent et comprennent ce que la théorie apprise en cours ne peut pas montrer seule. 

« Ça permet de sensibiliser les élèves et de se rendre compte de l’ampleur des dégâts. Grâce à ce type d’action, on espère qu’au quotidien ils aient une prise de conscience, on espère que ça les fera réfléchir sur les bons gestes à adopter concernant le tri des déchets. » – Jonathan Sarwan, professeur de SVT au collège François Ollivaud 

Des élèves fiers de contribuer à la préservation de notre écosystème © Trecodec

Et le message semble avoir pris. Laura repart avec un geste concret en tête :  

« Faire attention de bien jeter mes déchets dans les bonnes poubelles et même ramasser les déchets qui ne sont pas les miens pour le jeter ensuite. » – Laura, élève de 6ème 

Ce que cette matinée raconte… 

La quasi-totalité des déchets ramassés ce matin étaient des emballages alimentaires du quotidien. Des produits consommés ici, à Nouméa, par des gens d’ici.  

« La très grande majorité des déchets qu’on ramasse, c’est clairement des déchets locaux. Des déchets qui ont été jetés par des gens d’ici, souvent en pensant qu’il y aura toujours quelqu’un pour ramasser derrière eux. En fait, la réalité, c’est que c’est l’environnement qui ramasse. » – Thibaut Bizien, Caledoclean  

Ramassage
Les élèves motivés à ramasser un maximum de déchets © Trecodec

Ces mêmes déchets – bouteilles en verre, canettes, plastique, conserves – ont désormais une filière dédiée en Nouvelle-Calédonie. Des points d’apport volontaire accessibles sur l’ensemble de la Province Sud. Une chaîne organisée pour que ce qui est ramassé ce matin ne se retrouve plus dans les rochers demain. 

Lucie Soler, responsable communication de TRECODEC, conclut cette matinée avec une certitude : 

« Les enfants sont vraiment des ambassadeurs pour notre environnement. En travaillant avec eux, on sait que le message va passer auprès de leur famille, de leurs amis, et autour d’eux. » – Lucie Soler, TRECODEC 

Une belle matinée, pleine d’engagement et d’enthousiasme, et trente sacs de déchets de moins dans notre nature.