Bouteilles en verre, canettes en aluminium, bouteilles en plastique, boîtes de conserve : ces emballages du quotidien ont une chose en commun. Une fois utilisés, ils peuvent tous avoir une seconde vie, à condition d’être déposés au bon endroit et dans le bon état.
La filière emballages
En Nouvelle-Calédonie, les emballages alimentaires représentent une part importante des déchets produits chaque année. Pour organiser leur collecte, leur tri et leur valorisation, Trecodec gère une filière emballages lancée en janvier 2025. Cette première année pleine a permis de collecter et traiter 456 tonnes d’emballages, avec 150 points de collecte déployés sur le territoire et 80 % des matières valorisées.
La filière fonctionne selon le principe de la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) : les entreprises qui importent ou fabriquent des produits emballés financent, via une éco-participation, la collecte et le traitement de ces déchets une fois consommés.
Quels emballages sont concernés ?
La filière couvre les emballages alimentaires primaires, c’est-à-dire ceux en contact direct avec l’aliment ou la boisson : les bouteilles et bocaux en verre, les canettes en aluminium, les bouteilles en plastique (PET/PEHD) et les boîtes de conserve en métal.
Certains emballages ne sont en revanche pas acceptés dans cette filière : barquettes et films plastiques, flacons de produits non alimentaires, étagères de réfrigérateur en verre, vitrages, porcelaines, aérosolsou emballages de produits médicaux. En cas de doute, mieux vaut se renseigner au préalable.

Où déposer ses emballages ?
Trois dispositifs de collecte existent en Nouvelle-Calédonie, selon les communes.

Les déchetteries acceptent 4 flux : verre, plastique, métal et aluminium. Elles sont accessibles sur le SIVM Sud, à Yaté et via le SIGN. Sur la voie publique, des points d’apport volontaire permettent aussi de déposer ses emballages, avec un nombre de flux qui dépend de la commune : 1 flux verre à Dumbéa et Mont-Dore, 2 flux verre et aluminium à Nouméa et sur le SIVM Sud, 3 flux verre, aluminium et plastique à Païta. Enfin, certaines communes, dont Dumbéa et Mont-Dore, ont déployé une poubelle jaune dédiée aux recyclables en porte-à-porte, pour 3 flux : plastique, métal et aluminium.
Les bons gestes avant de déposer
Pour qu’une filière puisse exister, il faut bien séparer les emballages par matériau, bien les vider et les déposer dans les bons contenants de collecte. Trois réflexes simples font toute la différence : bien viderl’emballage, sans forcément le laver, enlever les bouchons et couvercles et ne pas écraser ni imbriquer les emballages, pour qu’ils restent identifiables.
Les mégots dans les canettes et les résidus alimentaires dans les contenants sont les erreurs de tri les plus fréquentes. Elles compromettent la qualité de la matière collectée et compliquent le recyclage. Bien trié à la source, un emballage est valorisé. Mal trié, il entraîne un sur-tri coûteux, voire un enfouissement : 8 % des emballages ont fini enfouis l’année dernière faute d’un tri suffisant.
Que deviennent les emballages une fois collectés ?
Une fois déposés, les emballages rejoignent leur filière de valorisation selon leur matériau.

Le verre est collecté, broyé et réintégré localement dans le secteur du BTP sous forme de granulats. L’aluminium est fondu en lingots et vendu comme matière première secondaire, notamment réutilisé dans le secteur du nickel. Les conserves métalliques sont broyées avec d’autres métaux et vendues elles aussi en matières premières secondaires. Seul le plastique est exporté, faute de solution de traitement locale : il peut devenir fibres textiles ou nouvelles bouteilles recyclées. L’essentiel des filières est donc valorisé localement, ce qui réduit la dépendance aux exportations et crée de la valeur sur le territoire.
Pourquoi c’est important en Nouvelle-Calédonie ?
La Nouvelle-Calédonie génère environ 160 000 tonnes de déchets ménagers par an. Sur un territoire insulaire, les espaces de stockage sont limités et la dépendance aux importations pèse sur l’économielocale. Chaque emballage bien trié, c’est une matière première récupérée, un déchet de moins enfoui, une ressource réinjectée dans le circuit économique.
Les emballages abandonnés dans la nature ou mal orientés finissent par se fragmenter en microplastiques. Ces particules polluent les sols, les eaux, les lagons et entrent dans la chaîne alimentaire. Trier, c’est aussi protéger la biodiversité marine qui fait la richesse du territoire. En 2025, 5 089 tonnes d’emballages alimentaires ont été mises sur le marché par les adhérents de Trecodec en Nouvelle-Calédonie, autant de matières qui peuvent avoir une seconde vie à condition d’être bien triées.
Les entreprises ont aussi un rôle à jouer
Les entreprises qui importent ou fabriquent des produits emballés en Nouvelle-Calédonie ont l’obligation légale de prendre en charge leur futurs déchets d’emballage individuellement ou d’adhérer à la filièreet de déclarer leurs volumes d’emballages mis sur le marché. En s’acquittant de l’éco-participation, elles financent directement la collecte et le traitement. La GBNC, adhérente de la première heure, résumecet engagement : rentrer dans ce circuit avec Trecodec, c’est contribuer à en améliorer le fonctionnement pour tout le monde. Plus de 439 entreprises sont déjà adhérentes de Trecodec sur l’ensemble de sesfilières.
Ensemble, entreprises, collectivités et particuliers font vivre une filière qui n’existe que si chaque maillon de la chaîne joue son rôle.