Le mercredi 18 mars 2026, à l’occasion de la Journée mondiale du recyclage, TRECODEC a officiellement lancé la 15ᵉ édition de son concours de collecte de piles. Lieu choisi pour l’occasion : la déchetterie de Dumbéa.
Un choix fort et symbolique, qui dit tout de la philosophie de l’éco-organisme. Pas de salle de conférence feutrée, pas de pupitre instit’. Un terrain, des bennes, des élèves et une première pile déposée dans une borne pour marquer le coup. Retour sur une matinée qui a mis le recyclage à hauteur des scolaires.
Quinze ans de collecte et un objectif qui monte d’un cran
Cela fait maintenant plus de quinze ans que TRECODEC organise ce concours, destiné aux établissements scolaires primaires et secondaires de toute la Nouvelle-Calédonie. Le principe est simple et efficace : chaque école inscrite reçoit une borne de collecte de 30 litres et mobilise ses élèves, et à travers eux leurs familles, pour rapporter le plus de piles usagées possible. Piles boutons, piles bâtons, piles plates… tout ce qui traîne dans les tiroirs de la maison a sa place dans le bac de collecte.
En 2025, 50 établissements scolaires et plus de 3 100 élèves avaient participé à l’opération, permettant de collecter 3 350 kilos de piles usagées. Déjà un beau score ! Mais pour 2026, TRECODEC s’est fixé un objectif ambitieux : atteindre les 4 tonnes. Soit près de 650 kilos de plus qu’en 2025. Un défi collectif, à la hauteur de l’enjeu environnemental derrière cette action.
« Le concours permet de rassembler autour d’un même objectif : collecter un maximum de piles pour qu’elles évitent de finir dans la nature ou dans les ordures ménagères. Les piles contiennent de nombreuses substances nocives pour notre environnement. Mais à l’inverse, si elles sont triées correctement, elles permettent de fabriquer de nouveaux produits et d’éviter d’aller puiser dans nos ressources naturelles. » – Lucie Soler, responsable communication TRECODEC.
Un lancement officiel, les pieds sur le terrain
La matinée a démarré par un accueil café et petit-déjeuner, avant une conférence de presse et le lancement officiel du concours. Pour marquer symboliquement l’ouverture de cette 15ᵉ édition, c’est une élève du collège Gabriel Païta qui a effectué le premier geste : déposer une pile dans la borne de collecte. Lancement officiel de la quinzième édition !

La journée s’est ensuite poursuivie par ce qui constituait peut-être son moment le plus fort : une visite pédagogique de la déchetterie de Dumbéa pour une classe de sixième du collège Gabriel Païta. Les élèves ont découvert de l’intérieur ce que devient un déchet une fois déposé : les bennes, les filières, le circuit de valorisation. Une immersion au plus près du terrain pour déconstruire l’idée reçue que tout finit enfoui au même endroit et comprendre que derrière chaque geste de tri, il y a une chaîne humaine et industrielle qui donne une nouvelle vie aux matériaux.
Quand les élèves deviennent les ambassadeurs du recyclage
C’est l’un des paris fondamentaux de ce concours : faire des enfants les premiers vecteurs de changement dans leur entourage. Christelle Mota, enseignante en sciences physiques-chimie et responsable développement durable au collège Gabriel Païta, en témoigne :
« Ce sont les élèves qui vont faire un peu les profs, qui vont sensibiliser leurs parents, leurs cousins, leur entourage. »

Ce que la visite de la déchetterie a permis, selon elle, c’est aussi de lever un préjugé tenace : celui que tout finit enfoui à Gadji, peu importe le tri fait en amont.
« On a pu voir que les piles sont bien collectées et que même si elles ne sont pas traitées localement, on sait que derrière ça va être pris en charge correctement, que les matériaux auront une nouvelle vie. » – Christelle Mota, valorisant l’initiative de la matinée.
Ce message de « traçabilité » et la mise en situation des élèves est essentiel pour ancrer le geste dans la durée. Jade, élève de 6ème, l’a retenu à sa façon :
« C’est important de faire attention de ne pas jeter les piles n’importe comment, il faut les mettre dans le bon bac. Parce que si on les jette dans la nature ou dans la mauvaise poubelle, ça va polluer l’environnement. Je pense aussi à mon petit frère… Du coup, grâce à nous, les plus petits vont aussi apprendre. »
622 kilos, 1,68 kg par élève : la recette du Groupe Scolaire Courtot Gervolino
L’édition 2025 a eu son grand lauréat au tonnage : le Groupe Scolaire Courtot Gervolino, avec 622 kilos de piles collectées, soit 1,68 kg par élève. Un record ! Son directeur, Stéphane Boussemart, n’a pas de « recette secrète » si ce n’est : une communication auprès des familles, la corde de l’écologie et une mobilisation qui s’est étendue bien au-delà de l’école.
« Une petite communication au sein des familles et c’est parti très, très vite. Les parents ont bien joué le jeu. Et au-delà des parents, c’est même parfois le circuit professionnel et la famille plus élargie qui a bien répondu à l’appel. » – Stéphane Boussemart, fier de la réussite de ses élèves.
Ce n’est pas une grosse implication au niveau organisation, précise-t-il, et ça peut rapporter gros. À bon entendeur…
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La chaîne de valorisation derrière la chasse aux piles
Derrière chaque pile déposée dans une borne d’école, il y a une filière entière qui s’active. RECYCAL, opérateur agréé en partenariat avec TRECODEC, assure la collecte, le tri, le regroupement et la préparation des piles sur son site industriel de Normandie, classé ICPE, avant leur export vers des centres de recyclage spécialisés.

En quelques mots, voici le processus industriel : broyage contrôlé, séparation mécanique des matériaux, extraction des métaux – zinc, nickel, cobalt, lithium – par procédés chimiques ou hydrométallurgiques. Ces métaux sont ensuite réintégrés dans le circuit de fabrication, notamment pour de nouvelles batteries. Une pile collectée n’est donc pas un déchet : c’est une ressource en attente de seconde vie.
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Les déchetteries, maillons essentiels
La visite de la déchetterie de Dumbéa a aussi été l’occasion de mettre en lumière des acteurs souvent invisibles de la filière : les équipes qui gèrent ces installations au quotidien. Adeline Thomas, responsable d’exploitation CSP et Joane Allain, responsable conformité HSE, accueillent chaque jour des Calédoniens qui viennent déposer volontairement leurs déchets : encombrants, déchets verts, carton, ferraille, plastique, DEEE, piles et batteries.
Sur le terrain, elles observent encore trop d’erreurs qui pourraient pourtant être évitées : du polystyrène et des emballages déposés dans les bennes à carton, des frigos peints qui compliquent le traitement, des déchets verts mélangés à des ordures. Des réflexes simples à corriger… pour peu qu’on en ait eu connaissance. Et c’est justement pour ça que des visites comme celle du 18 mars ont du sens : voir, comprendre et adopter !

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Mode d’emploi : comment participer au concours 2026 ?
Le concours est ouvert à tous les établissements scolaires de Nouvelle-Calédonie, du primaire au secondaire, sur les trois provinces. Les inscriptions sont ouvertes depuis le 16 février. Les établissements qui n’ont pas encore de borne de collecte peuvent en faire la demande directement sur la fiche d’adhésion.
Le concours se déroulera du 18 mars au 30 septembre 2026. Une collecte intermédiaire est possible sur demande. À la clôture, les piles sont collectées et pesées, et un classement est établi selon deux critères : le ratio poids collecté par élève – pour ne pas pénaliser les petites structures – et le tonnage total. Six établissements seront récompensés par une dotation financière destinée à leurs projets pédagogiques, allant de 50 000 à 80 000 francs CFP. Les résultats seront annoncés fin novembre ou début décembre 2026.
Quinze éditions, des tonnes de piles sorties des poubelles et de la nature, des centaines d’établissements mobilisés et à chaque fois le même constat : quand on explique, quand on implique, quand on donne du sens au recyclage, les gens jouent le jeu. Ce sont souvent les élèves les premiers. Et à travers eux, leurs familles, leurs quartiers, leur territoire.
La Chasse aux Piles 2026 est lancée… À vous de jouer !
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