Christelle Mota est enseignante en sciences physiques-chimie et responsable développement durable au collège Gabriel Païta. Jade est son élève de 6ème. Le 18 mars, à l’occasion du lancement du concours de collecte de piles 2026, toutes deux ont participé à la visite pédagogique de la déchetterie de Dumbéa organisée par TRECODEC. Une immersion concrète qui a changé leur regard sur le tri et sur ce que les élèves peuvent transmettre, bien au-delà de l’école.
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Christelle, votre collège participe déjà depuis plusieurs années à la Chasse aux Piles. Qu’est-ce que ce concours apporte à vos élèves ?
Ce concours, c’est avant tout un outil de sensibilisation à la gestion des déchets et en particulier aux piles, qui sont des déchets du quotidien souvent mal orientés. Chaque année, on découvre que certains élèves n’étaient tout simplement pas au courant qu’on ne jette pas les piles à la poubelle. C’est un point de départ essentiel.
Ce qui est également très intéressant, c’est que ça évolue d’une année sur l’autre. Des choses qui ne se recyclaient pas avant sont désormais valorisées. C’est une sensibilisation qui se renouvelle, qui reste vivante et pertinente, et qui s’appuie sur des gestes très concrets que les élèves peuvent s’approprier immédiatement.
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Jade, toi qui as visité la déchetterie aujourd’hui, qu’est-ce que tu as découvert ? Qu’est-ce que tu retiens de cette visite ?
On a découvert qu’il y avait plusieurs bacs pour recycler les plastiques, les piles… C’est important de faire attention de ne pas jeter les piles n’importe comment : il faut les mettre dans le bon bac. Parce que si on les jette dans la nature ou dans la mauvaise poubelle, ça va polluer l’environnement.
Surtout, je pense que c’est bien parce que du coup, les plus petits vont aussi apprendre. Mon petit frère, par exemple, ce sont des choses qu’il doit savoir aussi.

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Christelle, qu’est-ce que vous espérez que vos élèves transmettent autour d’eux grâce à cette expérience ?
Ce que j’espère, c’est que nos élèves deviennent eux-mêmes des vecteurs de sensibilisation. Il y a encore ce préjugé assez répandu que tout finit enfoui au même endroit, à Gadji. La visite d’aujourd’hui a permis de déconstruire ça : les piles sont bien collectées, et même si elles ne sont pas traitées localement en Calédonie, on sait qu’elles seront prises en charge correctement, que les matériaux auront une nouvelle vie grâce au recyclage fait en amont. C’est rassurant, et ça donne du sens au geste.
Ce qui est beau dans ce concours, c’est que ce sont les élèves qui vont faire un peu les profs, qui vont sensibiliser leurs parents, leurs cousins, leur entourage. Commencer dès le plus jeune âge, c’est la meilleure façon de former des adultes responsables demain. Et les gestes ne sont pas compliqués : jeter ses canettes ou ses bouteilles en plastique dans les bons bacs, ne serait-ce que ça, c’est déjà énorme.
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