On y passe souvent rapidement, sans forcément voir tout ce qui se joue derrière. Et pourtant, la déchetterie est un maillon essentiel de la filière recyclage. Adeline Thomas, responsable d’exploitation au sein de la Calédonienne des Services Publics (CSP) sur le pôle des déchetteries et Joane Allain, responsable conformité HSE, lèvent le voile sur le fonctionnement de ces équipements indispensables : leur rôle, les déchets qu’elles reçoivent, et les petites erreurs que nous faisons presque tous sans nous en rendre compte…

Adeline, à quoi sert concrètement une déchetterie et que devient un déchet une fois qu’on l’y dépose ?

Une déchetterie, c’est d’abord un acte volontaire du citoyen. On vient déposer ses déchets pour qu’ils soient triés correctement et que derrière, chacun rejoigne la bonne filière de recyclage. C’est vraiment ça la vocation : orienter chaque déchet vers le bon circuit de valorisation, pour que rien ne soit perdu.

On reçoit un grand nombre de catégories différentes de déchets. Des bennes de 30 mètres cubes pour les encombrants, les déchets verts, le carton et la ferraille. Des bacs dédiés au plastique, au papier, aux canettes aluminium… Une filière complète pour les déchets électriques et électroniques : télévisions, ordinateurs, câbles. On peut également recevoir des piles et des batteries. Localement, on recycle les déchets verts et le verre et les plastiques et cartons repartent en balles à l’export.

Joane, quels sont les déchets qu’on ne peut pas déposer en déchetterie et quelles sont les erreurs les plus fréquentes que vous observez sur le terrain ?

Ce qu’on ne peut pas accepter, ce sont les gravats et béton, et les déchets dangereux, ainsi que tout ce qui porte des pictogrammes : aérosols, peintures, fusées de détresse. Ce sont des catégories qui nécessitent des filières spécifiques et ne peuvent pas transiter par une déchetterie classique.

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Déchetterie de Dumbéa Nord – visite guidée d’élèves de collège par la CSP.

Les erreurs les plus fréquentes ? Dans les bennes à carton, on retrouve régulièrement du polystyrène, du plastique, des emballages mélangés… alors que le carton, c’est uniquement du carton. C’est un réflexe à acquérir, mais il change beaucoup la qualité du tri. Autre exemple : des frigos amenés encore pleins, ce qui complique leur traitement. Et les déchets verts doivent arriver intacts, c’est-à-dire sans sacs poubelle, sans ordures mélangées à l’intérieur.

En dehors de la déchetterie, quels éco-gestes recommanderiez-vous pour que chacun améliore son impact au quotidien ?

Adeline Thomas : le premier réflexe, c’est de ne pas mélanger. Chaque déchet a sa place et cette place existe. La déchetterie est là pour ça, les bornes de collecte aussi. Ce qu’on voit sur le terrain, c’est que les Calédoniens sont souvent de bonne volonté : ils viennent, ils déposent. Ce qui manque parfois, c’est simplement l’information sur ce qui va où.

Joane Allain : et en amont, ne pas jeter ce qui ne devrait pas l’être. Une pile dans une poubelle ordinaire, un appareil électronique abandonné dans la nature… ce sont des pollutions évitables, pour peu qu’on sache qu’il existe des solutions de collecte adaptées. La déchetterie, c’est justement l’une de ces solutions : accessible, gratuite pour les particuliers et qui garantit que vos déchets seront traités de manière responsable.