Chaque année, des dizaines d’établissements scolaires de Nouvelle-Calédonie se mobilisent pour collecter un maximum de piles usagées dans le cadre de la Chasse aux Piles, concours organisé par TRECODEC. Marion Laigret, gestionnaire des filière « piles » et « DEEE » au sein de l’éco-organisme depuis 2015, revient sur le fonctionnement du concours, les résultats de l’édition 2025 et les ambitions affichées pour 2026.
Marion, peux-tu nous présenter le concours de collecte de piles et nous expliquer comment il fonctionne dans les établissements scolaires ?
Le principe est simple : collecter un maximum de piles usagées via les établissements scolaires, tout en sensibilisant les plus jeunes aux bons gestes de tri. Le concours existe depuis plus de quinze ans maintenant. Les établissements qui souhaitent participer s’inscrivent directement sur notre site internet et cette inscription est ouverte à l’ensemble des écoles de toute la Nouvelle-Calédonie, sur les trois provinces.
Une fois inscrits, nous mettons à leur disposition des bacs de collecte. Le concours démarre en mars et se termine en septembre. Pendant toute cette période, nous encourageons les établissements à mener des actions de sensibilisation en interne pour booster les dépôts. En fin de concours, les bacs sont collectés puis pesés, ce qui permet d’établir un classement. Cinq établissements sont récompensés selon un ratio calculé en fonction du poids collecté par élève, pour ne pas pénaliser les plus petites structures. Les gagnants reçoivent une dotation financière destinée à soutenir leurs projets pédagogiques.

Quels enseignements tirez-vous de l’édition 2025, et qu’est-ce que ces résultats vous disent de l’engagement des élèves et des équipes éducatives ?
En 2025, nous avons eu 50 établissements inscrits au concours et, grâce à leur mobilisation, nous avons réussi à collecter 3 350 kilos de piles usagées. C’est un résultat dont on peut être fiers collectivement mais qu’on ne considère pas comme un plafond. Ce score montre surtout que la marge de progression est réelle et que l’engagement des élèves et des familles peut encore faire bouger les curseurs.
Ce qui est remarquable, c’est la dynamique que ce concours enclenche au-delà des murs de l’école. Les élèves ramènent le message à la maison, les familles fouillent dans leurs tiroirs, les voisins s’y mettent aussi. C’est exactement l’effet de levier qu’on recherche : partir du geste simple pour créer une prise de conscience plus large.
Quels sont vos objectifs pour 2026 et qu’est-ce qui pourrait permettre d’aller encore plus loin dans la mobilisation des établissements ?
Pour 2026, l’objectif est clair : atteindre les 4 tonnes de piles collectées, voire les 5 tonnes si la mobilisation est au rendez-vous. C’est ambitieux mais tout à fait atteignable si davantage d’établissements franchissent le pas de l’inscription.
Le message que je voudrais adresser aux directeurs et aux enseignants qui hésitent encore, c’est que ce concours est vraiment accessible. Il ne demande pas une organisation complexe. Une communication auprès des familles, des bacs mis à disposition et la collecte se met en route naturellement. Au-delà de l’aspect compétitif, c’est avant tout un formidable outil pédagogique pour ancrer les bons réflexes dès le plus jeune âge, ce qui, à l’échelle du territoire, a un impact environnemental direct et concret.