Derrière chaque pile collectée, chaque pneu valorisé ou chaque appareil électronique recyclé en Nouvelle-Calédonie, il y a une équipe qui organise, finance et sensibilise. Lucie Soler, responsable communication de TRECODEC, revient sur la raison d’être de l’éco-organisme, sur les spécificités d’un territoire insulaire face aux enjeux du recyclage et sur ce que TRECODEC prépare pour 2026.
Lucie, pour ceux qui ne connaissent pas encore TRECODEC, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est un éco-organisme et pourquoi TRECODEC existe ?
TRECODEC est un éco-organisme à but non lucratif, créé en 2008 pour répondre à une réglementation qu’on appelle la Responsabilité Élargie des Producteurs – la REP. Cette réglementation impose aux importateurs de certains produits de gérer la fin de vie de leurs déchets. Plutôt que de le faire individuellement, ils peuvent confier cette obligation à un éco-organisme comme nous : on prend en charge, à l’échelle du territoire, cette responsabilité environnementale pour leur compte.
Concrètement, nos missions s’articulent autour de deux grands axes : financer et organiser la collecte et le traitement des déchets réglementés, d’une part ; sensibiliser, d’autre part : les jeunes, les entreprises, les institutions, les collectivités… Aujourd’hui, TRECODEC gère sept filières : les pneus, les batteries au plomb, les piles, les huiles usagées, les déchets d’équipements électriques et électroniques, les véhicules hors d’usage et les emballages.

La Nouvelle-Calédonie est un territoire insulaire – en quoi cela complique-t-il la gestion des déchets et comment TRECODEC y répond-il ?
L’insularité est un défi permanent. Gérer les déchets ici, c’est nettement plus complexe que sur un territoire continental. Il faut aller chercher les déchets partout, en province Sud, en province Nord, aux Îles, et construire un réseau de collecte suffisamment dense pour que le geste de tri ait du sens pour tout le monde, quelle que soit sa commune.
C’est là que la population calédonienne a toute son importance. Sans maillage solide et sans engagement citoyen, le système ne peut pas fonctionner. Chaque point de collecte créé, chaque habitant qui trie correctement, c’est un maillon de plus dans une chaîne qui, collectivement, protège notre environnement et notre territoire.
Quels sont les grands enjeux de TRECODEC pour 2026, et quel est votre propre éco-geste au quotidien ?
Pour 2026, les priorités sont claires : continuer à développer le maillage de points de collecte à travers tout le territoire et travailler encore davantage sur le bon geste de tri, en particulier sur la filière emballages qui est en plein déploiement. L’enjeu, c’est de pouvoir traiter localement un maximum de ces déchets, dans une logique d’économie circulaire qui fait pleinement sens à l’échelle du Caillou.
Quant à mon éco-geste personnel, c’est trier tout ce que je peux trier. Je pense que chaque geste a un impact concret et direct sur notre environnement et c’est une conviction profonde. Et finalement, le plus important c’est peut-être d’en parler. Parce que la sensibilisation, c’est le point de départ de tout le reste.