La filière emballages engage non seulement les citoyens mais aussi les opérateurs qui organisent la collecte, traitent les matières et leur donnent une seconde vie sur le territoire. Gaël Pierre, cogérant de la CSP — Calédonienne de Services Publics, revient sur le rôle de son entreprise dans cette nouvelle filière, sur ce que représente le verre dans l’économie circulaire calédonienne et sur ce qui manque encore pour que le tri devienne un réflexe partagé.

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Gaël, quel est le rôle de la CSP dans la filière emballages et qu’est-ce que cette nouvelle organisation change sur le terrain ?

La CSP assure plusieurs rôles : la collecte des déchets notamment via les déchetteries du Grand Nouméa, le transfert et le regroupement des matières vers le centre d’enfouissement de Gadji, mais aussi le tri, la valorisation et le recyclage. Sur la filière emballages, il faut bien comprendre qu’il existe deux types de REP : une REP organisationnelle, où TRECODEC met en place des points d’apport volontaire, et une REP financière, où TRECODEC prend en charge ce que les communes assumaient jusqu’alors.

Ce qui change, c’est la finesse du tri. Avant, les plastiques allaient tous dans une même benne. Aujourd’hui on distingue par exemple un flacon de lessive d’une bouteille d’eau du Mont d’Or. Ce n’est pas un détail : c’est ce niveau de séparation qui permet de valoriser correctement les matières en aval.

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Gaël Pierre, intervenant de la table ronde sur les enjeux de la REP organisée par TRECODEC. © TRECODEC

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Vous parlez du verre comme d’un enjeu central. Pourquoi est-il si important dans cette filière ?

Le verre, ça pèse très lourd et ça fait du volume. Le potentiel de récupération qu’on espère atteindre, c’est autour de 3 000 tonnes minimum, sachant que le gisement réel serait plutôt autour de 6 000 tonnes sur le territoire.

Extraire 3 000 tonnes de verre du circuit d’enfouissement, ça a deux effets directs : ça prolonge la durée de vie du centre de Gadji et ça permet de régénérer une matière qui ressemble beaucoup à du sable, sans avoir à l’extraire de la nature. C’est de l’économie circulaire en circuits courts, produite localement, qui crée de l’emploi. Tous les avantages sont là. Ce qu’on demande aux gens, c’est de séparer les bouchons métalliques et les bouchons en liège avant de déposer leurs bouteilles. Un petit geste qui change beaucoup la qualité de ce qu’on récupère.

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Selon vous, qu’est-ce qui freine encore les Calédoniens dans leur geste de tri et comment changer ça ?

Beaucoup de Calédoniens ne trient pas parce qu’ils pensent que leur tri n’est pas valorisé, que tout finit au même endroit de toute façon. Il faut leur expliquer. Aujourd’hui on valorise, on fait des choses avec leur matière. Trier a une finalité. Il faut le dire, le répéter, le montrer.

Il faut aussi plus de points de collecte pour que l’accès soit simple partout. Éduquer dès le plus jeune âge, ça marche très bien. Le déchet, ce n’est pas un sujet glamour. Des campagnes municipales ont existé sans faire de bruit. Pourquoi pas une commune qui distribuerait à ses habitants un contenant dédié au verre pour l’amener en déchetterie ? Ce sont des gestes simples et accessibles qui donnent aux gens l’envie d’en amener plus.

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